1. cat-ice-gasoline:

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    Le premier épisode de True Detective frappe fort. Pour résumer, très vite, ce qu’il se passe dans la série :

    Hart et Rust sont deux flics en 1995. Rust est un fumeur pessimiste invétéré qui noie son désamour de lui-même et de l’humanité dans son travail, parce qu’il n’a pas le cran de se…

     

  2. Fête du cinéma : Transcendance de Wally Pfister (2014)

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    Passons dès maintenant le moment où je vous dis que ce film appartient au genre de la science fiction, qu’il traite du sujet tellement accrocheur de l’intelligence artificielle, sur fond d’histoire d’amour. Parce que pour ça, il suffit de voir la bande annonce (voire même l’affiche).

         À LIRE : Ces films qui sont entièrement spoilés dans la bande annonce.

    C’est aussi un film extrêmement critiqué sur SensCritique (Ma Bible) et que les internautes ont pas mal critiqué.

    Bref, j’arrive avec mes gros sabots parce que pour moi, avant tout, Transcendance est un film qui pose des intentions filmiques claires qui aboutissent à des questionnements concrets et des raisonnements provoqués, on aboutit à une proposition de réponse correcte et crédible.

    Bref, le film va au bout des choses. Mais c’est juste mon avis. N’empêche que c’est important.

    -  le postulat selon lequel chacun aspire à la transcendance

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    Ce point de départ est le coeur des 20 premières minutes. Inutile de vous dire que des philosophes ont suffisamment théorisé l’idée pour m’éviter que je vous bassine avec des idées philosophiques qui ne seront même pas de moi. Et en plus, c’est du cinéma, pas de la philo, sinon je vous proposerai un bouquin à la place. Ou La Bible (= Wikipédia).

    Non, c’est bien du cinéma et on partira, comme le réalisateur, du fait, que OUI, chacun, s’il avait la possibilité, aimerait bien être un peu au-dessus de tout le monde. Au dessus des lois, au dessus des hommes, au dessus des postulats, des morales et des valeurs. Même si c’est deux minutes. Pour faire le Bien, pour faire le Mal ou peut-être juste pour voir ce que ça fait de se sentir omnipotent et/ou hors de portée. 


     -  Existence, altérité, transcendance ou un nouvel existentialisme.

    Ici, bien sûr, Will y accède, à cette transcendance. Il y est bel et bien. Sa transcendance s’accompagne d’une omnipotence totale. Il est partout, dans tout, et touche à tout. 

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    De là bien sûr, se pose les problèmes traditionnels, bien évoqués dans le film par l’intermédiaire du personnage de Max : la machine est elle au service de Will, respecte-t-elle les volontés de cet homme? ou Will a -t-il été happé par le système afin de servir une volonté numérique dérivée du data importé de son être? 

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    Autrement dit : Will existe t il encore ou es ce que la machine a pris le data et les donnés logicielles pour en faire quelque chose d’autre? 
    A quel moment s’arrête la volonté de Will, à quel moment commence l’intervention de la machine?

    Es ce que cela ne met pas chacun d’entre nous en danger? 

    Dès lors, le film dépasse le simple scénario de science fiction, la simple histoire d’amour, il s’agit bel et bien d’existentialisme et de remise en question de la valeur accordée à la technologie.

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    Le résultat est réussi : le spectateur est tenu en haleine, happé, parce qu’il ne s’agit plus uniquement de se poser la question de l’existence de Will, qui semble être prouvée à plusieurs reprises, non, la question qui se pose c’est bien : qu’es ce qui est Will, qu’es ce qui est autre, et qu’es ce qui n’est pas Will. 

    Chaque action doit être pesée dans la balance pour connaitre le pour, le contre et savoir QUI a pu faire cette action. Evidemment, certaines décisions de l’IA seront humaines, d’autres apparaitront franchement horribles. 

    De là, le scénario et le montage des séquences se met au service total de cette idée : chaque action bénéfique de Will aura ainsi un pendant négatif qui suit aussitôt. Son influence devient internationale, il manipule tous les marchés, il est omnipotent (éthiquement mauvais), et en contre partie permet de combattre le crime, la maladie, la souffrance (décision humaine, pleine de compassion, et comme le précise Joseph - Morgan Freeman : la machine ne connait pas le Bien, le Mal, et la compassion). 
    Autre exemple : la ville de brightwood. Will va créer de l’emploi dans une ville qui meurt, il fait renaitre une économie à un endroit qui mourrait, MAIS, tout en détruisant une partie de la liberté de chacun des habitants.

    Cette ambivalence entre « exister » et « être mais autrement » est réellement ce qui est le coeur de l’histoire, et se cristallise dans l’ambiguité du personnage de Will, ses actions, ses extrêmes. Sans cesse se posera donc cette question : es ce qu’il EST? es ce qu’il n’EST PAS? es ce qu’il A CHANGÉ? 

    ou commence seulement le Bien, ou commence le Mal et que fait réellement Will : le Bien ou le Mal?

     -  qu’es ce qui fait l’humain? 

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    Finalement, la question déterminante sera celle-ci : quelle est la valeur de la vie? qu’es ce qui permet de déterminer que l’Homme vaudrait mieux que cette intelligence artificielle et qu’es ce qui permet de dire que ce n’est pas non plus du meurtre de la tuer?

    La réponse que nous donne l’intelligence artificielle Will est la suivante : s’il change le monde, s’il fait payer un prix fort, c’est finalement parce qu’il veut être avec une seule personne : sa femme. Il veut un monde meilleur pour elle, non pas parce qu’il croit que changer le monde est nécessaire, mais parce qu’elle le veut. Lui, il voulait juste le comprendre (il le dit lors de la conférence au début). Or, ce choix s’est posé à lui, et pas à elle : il est devenu cette intelligence omnipotente, capable de TOUT faire : va t il faire le Bien, va t il faire le mal ou rester inactif et juste « chercher à comprendre ». Will aime désespérément sa femme, et il va faire ce qu’il pense qu’elle aurait fait : changer le monde, parce qu’il lui fait énormément confiance.

    Pour résumer donc, Will ne fait tout ce qu’il fait que parce qu’il aspire à être et respecter les valeurs d’Evelyn. Et Evelyn lui a toujours dit qu’elle voulait améliorer le monde. 

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    Plus généralement, la réponse aux intentions posées par le réalisateur sera que d’une certaine manière, la transcendance réside peut-être dans les choses les plus simples, les choses qui ont pour nous une réelle valeur. Exister d’accord, être transcendé d’accord, mais uniquement si on ne perd pas de vue l’essentiel : l’humain est une créature pleine de sentiments, or une créature transcendée au satut de demi-dieu comme Will est au-dessus même du Bien du Mal, puisque ses desseins eux-mêmes nous dépassent.

    L’homme transcendé est Absolu, c’est à dire qu’il n’a besoin de rien ni personne pour exister, et son existence indépendante et inconditionnelle fait de lui un être total qui trouve sa raison d’être en lui-même. Il est Universel et à la fois Unique, Un et Tout en même temps. Et dans cet état de Transcendance, en se suffisant à lui-même, il atteint l’ataraxie, et peut-être même, le Bonheur.

    Alors, Ok, scientifiquement, il y a certainement des trous, mais là-dessus je ne pense pas que le cinéma soit une vitrine de la science, on peut aussi lire les rapports de la NASA si on est intéressé.

    Cinématographiquement, le scénario a peu de choses originales, et certains acteurs sont dangereusement sous exploités : Morgan Freeman a un rôle pitoyablement passif, le génialissime Cillian Murphy a été remisé au placard pour “appeler Washington”, l’actrice qui joue Bree et son organisation se révèlent totalement inaptes et inactives (de toute façon elle était tellement mal coiffée celle-là, et puis avec un nom comme ça…).

    En revanche, il a beaucoup été reproché au film de copier Matrix, et évidemment d’une certaine façon oui, puisqu’on parle d’Intelligence Artificielle. La différence c’est que Will est réel, il est rationnel et non pas révé comme tout ce qui est dans la matrice. Grosse différence qui permet toute la problématique évoquée auparavant.

    D’un point de vue visuel, disons que Wally Pfister a la particularité d’avoir été avant transcendance directeur de la photographie pour  de nombreux films de Christopher Nolan, Braquage à l’italienne de Gary Gray, mais aussi le stratège de Bennett Miller. Donc, de vous à moi, ce mec s’y connaît en films visuels. C’est très très beau.

    Mais, d’un point de vue des intentions du réalisateur, il va jusqu’au bout de son idée : ceci n’est pas un film d’action, c’est un drame, un thriller qui exploite une théorie de science fiction. Du coup, personnellement j’aime assez. 

    Quand on y pense, la théorie est farfelue, mais ici, elle est présentée de telle manière qu’elle est presque séduisante. Presque. 

    À lire : Théories SF farfelues : http://dailygeekshow.com/2014/06/27/theorie-farfelue/ 

    À savoir : 

    Transcendance, thriller de Wally Pfister 

    avec Johnny Depp, Rebecca Hall, Paul Betany, Cillian Murphy, Morgan Freeman, Clifton Collins Jr.

    sorti le 25 juin 2014 en France, le 18 avril aux Etats Unis.

    Par ici pour la bande annonce spoilante : https://www.youtube.com/watch?v=rxyBbvrlLx0

     

  3. Tomboy en streaming sur Arte, plutôt deux fois qu’une !

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    Arte partage le superbe film de Céline Sciamma sorti en 2011. Ca se regarde en ligne, et à part le débat sur son intégration dans “école et cinéma”, ca nous donne une bonne occasion de le voir une deuxième fois (ou de le découvrir) gratuitement, et ça grâce à l’énorme coup de pub non intentionnel de Civitas, cette bande de nazes. 

    Des bisous, Profitez bien. 

     

  4. NEW SERIES - Banshee - season 1 - review

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    "Tout juste sorti de prison, un voleur de haut vol s’installe dans une petite ville de Pennsylvanie, dans le comté imaginaire de Banshee, où il se fait passer pour le nouveau shérif, le vrai ayant été assassiné sous ses yeux. Personnage énigmatique fuyant les démons d’un passé tumultueux, Lucas Hood a bien l’intention de faire régner la loi dans cette ville située en plein territoire Amish, mais à sa manière.”

    source : Wikipedia, article “Banshee”

    Je viens de finir la saison 1 de Banshee, petite série qui a commencé sa saison 2 sur HBO. 

    Je l’ai commencé pour deux raisons : l’affiche, et les réalisateurs : Greg Yaitanes (des scénarios pour True Blood, Six Feet Under) et Alan Ball (Primetime Emmy Award de la meilleure réalisation pour une série télévisée dramatique en 2008 pour Dr House). Or, j’aimAIS beaucoup true blood avant que ça devienne un bazar monstrueux et pas crédible avec tous ces résidus de monstres à la mode, et des rebondissements qui commencent à sentir le réchauffé. Oui, moi j’aimais True Blood quand son intrigue se basait sur des ambiances glauques, sur des détails morbides et frolait nécrophilie, violence gratuite et excès de passions humaines et d’animosité mal placée. Maintenant, c’est devenu un autre show très chiant dans lequel l’intrigue n’avance plus et les personnages deviennent hallucinant tellement ils n’ont plus rien à voir avec leur original. 

    J’aimais aussi beaucoup Six Feet Under, même si je n’ai (à ma grande honte) encore jamais fini cette série. Mais il faut avouer que, des quelques rares séries dont j’ai le plaisir de revoir de temps en temps un épisode, la saison 1 de Six Feet Under est peut-être le top 1. En même temps, il faut avouer que cette série est juste terriblement bien faite. 

    Bref, tout ça explique pas mal le fait que moi ainsi que la grande majorité du net avions hâte de voir ces premiers épisodes de Banshee.

    Un petit retour ce que veut dire “banshee”, pour les curieux… ça fait méditer ceux qui connaissent, et donne l’ambiance à ceux qui ne connaissent pas la série. 

    La banshee est une créature féminine du folklore irlandais et écossais. 
    Ses cris et sa présence sont annonciateurs de mort ou de malheurs à venir.

    La banshee peut apparaître sous deux formes : celle d’une jolie jeune fille en pleurs, ou d’une vieille femme décharnée et échevelée. 

    source : encyclopédie du paranormal, article “banshee”

    Alors, très honnêtement, ce titre m’a gênée, dès le début. C’est pour ça que j’ai mis du temps à voir cette série. En fait, ce n’est pas tant le nombre de gens qui meurent qui est inquiétant dans cette série, c’est surtout le nombre de mecs qui prennent la raclée de leur décennie. Pour vous donner une idée, notre personnage, Lukas Hood (pas son vrai nom, qu’on ne connaitra surement jamais), doit se faire casser la tronche au moins une fois par épisode (et c’est un minimum, pas une moyenne), et je ne compte même pas le nombre de flash back sur son passé où il se fait littéralement ravaler la façade un nombre incalculable de fois.

    Mais Lukas Hood porte la poisse. Vraiment. Les ennuis le suivent, et semblent s’amonceler autour de lui. Il est suivi par des gens qui ne veulent pas juste le tuer, et qui sont prêt à tuer n’importe qui qui se dressera sur leur chemin. Autant vous dire qu’en plus d’être une boule de testostérone qui se bat tout le temps, avec des nerfs à la Jacky Vanmarsenille dans Bullhead, Lukas a aussi un putain d’instinct de survie, et qu’il n’a peur de pas grand chose, à part peut-être lui-même, et retourner en prison. 

    Les ennemis de Lukas? 

    Le monde entier, et à peu près tous les habitants de Banshee :  

    - la communauté Amish, très présente,

    - le quartier des nazis, mais ceux-là restent plus ou moins dans leur coin,

    - le mari de sa meuf, Anastasia. il pensait récupérer son couple avec elle après être allé en prison pour un casse qu’ils avaient fait tous les deux mais s’est laissé choper à sa place : bilan des courses, elle est mariée, et en 15 ans, et elle a eu le temps d’être deux fois enceinte. 

    - les autres flics, trop mous, trop flics. épisode 1, la préoccupation de ses collègues : l’uniforme de Lukas. Sauf que lui, en sortant de taule, il saute pas trop dedans, dans l’uniforme. il préférerait comme qui dirait rester en civil.

    - Kai Proctor, le big mafieux de Banshee (oui, les petites villes ont aussi leur lot de connards corrompus) : putes, drogues, crimes diverses et variés et commerce de viande passent par lui. Sa couverture? Son abbatoir. Inutile de vous dire qu’il ne sert pas uniquement à décapiter les boeufs… 

    - “Rabbit”, l’homme pour qui il travaillait avant, un mafieux “de la ville”, d’une autre envergure que Kai Proctor. Anastasia est sa fille, il est ukrainien d’origine, et ne fait pas semblant de faire le connard comme Kai, qui a au moins le sens de la famille et n’a qu’une parole. Non, les ukrainiens, l’armée de rabbit, ne sont pas des gens que vous aimeriez croiser dans la rue. 

    Alors, je vous cache pas que pour une saison 1, deux mafieux, deux bad guys à descendre, c’est un peu beaucoup. Ca donne un côté très thriller à la série policière, parce que quand Lukas va être dans la merde, il ne va pas l’être qu’un peu, mais doublement. 

     

  5. Hors du temps.