1. Tomboy en streaming sur Arte, plutôt deux fois qu’une !

    Arte partage le superbe film de Céline Sciamma sorti en 2011. Ca se regarde en ligne, et à part le débat sur son intégration dans “école et cinéma”, ca nous donne une bonne occasion de le voir une deuxième fois (ou de le découvrir) gratuitement, et ça grâce à l’énorme coup de pub non intentionnel de Civitas, cette bande de nazes. 

    Des bisous, Profitez bien. 

     

  2. NEW SERIES - Banshee - season 1 - review

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    "Tout juste sorti de prison, un voleur de haut vol s’installe dans une petite ville de Pennsylvanie, dans le comté imaginaire de Banshee, où il se fait passer pour le nouveau shérif, le vrai ayant été assassiné sous ses yeux. Personnage énigmatique fuyant les démons d’un passé tumultueux, Lucas Hood a bien l’intention de faire régner la loi dans cette ville située en plein territoire Amish, mais à sa manière.”

    source : Wikipedia, article “Banshee”

    Je viens de finir la saison 1 de Banshee, petite série qui a commencé sa saison 2 sur HBO. 

    Je l’ai commencé pour deux raisons : l’affiche, et les réalisateurs : Greg Yaitanes (des scénarios pour True Blood, Six Feet Under) et Alan Ball (Primetime Emmy Award de la meilleure réalisation pour une série télévisée dramatique en 2008 pour Dr House). Or, j’aimAIS beaucoup true blood avant que ça devienne un bazar monstrueux et pas crédible avec tous ces résidus de monstres à la mode, et des rebondissements qui commencent à sentir le réchauffé. Oui, moi j’aimais True Blood quand son intrigue se basait sur des ambiances glauques, sur des détails morbides et frolait nécrophilie, violence gratuite et excès de passions humaines et d’animosité mal placée. Maintenant, c’est devenu un autre show très chiant dans lequel l’intrigue n’avance plus et les personnages deviennent hallucinant tellement ils n’ont plus rien à voir avec leur original. 

    J’aimais aussi beaucoup Six Feet Under, même si je n’ai (à ma grande honte) encore jamais fini cette série. Mais il faut avouer que, des quelques rares séries dont j’ai le plaisir de revoir de temps en temps un épisode, la saison 1 de Six Feet Under est peut-être le top 1. En même temps, il faut avouer que cette série est juste terriblement bien faite. 

    Bref, tout ça explique pas mal le fait que moi ainsi que la grande majorité du net avions hâte de voir ces premiers épisodes de Banshee.

    Un petit retour ce que veut dire “banshee”, pour les curieux… ça fait méditer ceux qui connaissent, et donne l’ambiance à ceux qui ne connaissent pas la série. 

    La banshee est une créature féminine du folklore irlandais et écossais. 
    Ses cris et sa présence sont annonciateurs de mort ou de malheurs à venir.

    La banshee peut apparaître sous deux formes : celle d’une jolie jeune fille en pleurs, ou d’une vieille femme décharnée et échevelée. 

    source : encyclopédie du paranormal, article “banshee”

    Alors, très honnêtement, ce titre m’a gênée, dès le début. C’est pour ça que j’ai mis du temps à voir cette série. En fait, ce n’est pas tant le nombre de gens qui meurent qui est inquiétant dans cette série, c’est surtout le nombre de mecs qui prennent la raclée de leur décennie. Pour vous donner une idée, notre personnage, Lukas Hood (pas son vrai nom, qu’on ne connaitra surement jamais), doit se faire casser la tronche au moins une fois par épisode (et c’est un minimum, pas une moyenne), et je ne compte même pas le nombre de flash back sur son passé où il se fait littéralement ravaler la façade un nombre incalculable de fois.

    Mais Lukas Hood porte la poisse. Vraiment. Les ennuis le suivent, et semblent s’amonceler autour de lui. Il est suivi par des gens qui ne veulent pas juste le tuer, et qui sont prêt à tuer n’importe qui qui se dressera sur leur chemin. Autant vous dire qu’en plus d’être une boule de testostérone qui se bat tout le temps, avec des nerfs à la Jacky Vanmarsenille dans Bullhead, Lukas a aussi un putain d’instinct de survie, et qu’il n’a peur de pas grand chose, à part peut-être lui-même, et retourner en prison. 

    Les ennemis de Lukas? 

    Le monde entier, et à peu près tous les habitants de Banshee :  

    - la communauté Amish, très présente,

    - le quartier des nazis, mais ceux-là restent plus ou moins dans leur coin,

    - le mari de sa meuf, Anastasia. il pensait récupérer son couple avec elle après être allé en prison pour un casse qu’ils avaient fait tous les deux mais s’est laissé choper à sa place : bilan des courses, elle est mariée, et en 15 ans, et elle a eu le temps d’être deux fois enceinte. 

    - les autres flics, trop mous, trop flics. épisode 1, la préoccupation de ses collègues : l’uniforme de Lukas. Sauf que lui, en sortant de taule, il saute pas trop dedans, dans l’uniforme. il préférerait comme qui dirait rester en civil.

    - Kai Proctor, le big mafieux de Banshee (oui, les petites villes ont aussi leur lot de connards corrompus) : putes, drogues, crimes diverses et variés et commerce de viande passent par lui. Sa couverture? Son abbatoir. Inutile de vous dire qu’il ne sert pas uniquement à décapiter les boeufs… 

    - “Rabbit”, l’homme pour qui il travaillait avant, un mafieux “de la ville”, d’une autre envergure que Kai Proctor. Anastasia est sa fille, il est ukrainien d’origine, et ne fait pas semblant de faire le connard comme Kai, qui a au moins le sens de la famille et n’a qu’une parole. Non, les ukrainiens, l’armée de rabbit, ne sont pas des gens que vous aimeriez croiser dans la rue. 

    Alors, je vous cache pas que pour une saison 1, deux mafieux, deux bad guys à descendre, c’est un peu beaucoup. Ca donne un côté très thriller à la série policière, parce que quand Lukas va être dans la merde, il ne va pas l’être qu’un peu, mais doublement. 

     

  3. Hors du temps.

     

  4. Un blow up sur Chris Marker, à voir absolument.

     

  5. NEW SERIES - True Detective S01E01 - review

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    Le premier épisode de True Detective frappe fort. Pour résumer, très vite, ce qu’il se passe dans la série : 

    Hart et Rust sont deux flics en 1995. Rust est un fumeur pessimiste invétéré qui noie son désamour de lui-même et de l’humanité dans son travail, parce qu’il n’a pas le cran de se tuer lui-même, comme il l’explique, et aussi parce qu’il est bon dans ce qu’il fait. Hart est un père de famille et en bon père de famille avec un QI sensiblement inférieur à celui de Rust, il flippe un peu quand Rust sort ses grandes théories sur la nature humaine. Ce mec est sombre, réellement sombre, et Hart fait partie de cette large majorité de personnes qui détestent les gens sombres parce que c’est soit trop dur à supporter, soit trop vrai, soit incompréhensible, dans tous les cas c’est flippant. En 1995, ils ont résolu une affaire étrange mélant métaphysique, psychose et crimes en séries, qui semble être réouverte 10 ans après parce qu’un nouveau crime est commis, exactement dans le même genre. On fait appel aux deux flics qui ont arrêté le méta-psychotique en question pour revoir avec eux toute l’affaire. Aucun des deux n’est plus flic en 2012. 

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    UNE SERIE EFFICACE

    D’abord, elle l’est, par son générique. Je ne vous fais pas le détail du générique, mais c’est réellement un morceau de pur bonheur à regarder! (Checkez les images !) 

    Bien construit, bien monté, et super complet, parce qu’il pose déjà les idées essentielles qui vont sûrement être le coeur de la série, on s’en doute. 

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    La métaphysique, l’esprit, le corps et leur cortège de thèmes dérivés : la douleur, les émotions, le sexe, les passions, la religion, …

    Le tout dans un cadre très industriel, une petite ville d’un état américain perdu, qui promet d’être glauque, sombre, et tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Bref, les États-Unis, avec ses putes, ses terrains vagues et ses grandes usines, ses cowboys et son attachement à la religion, ainsi que l’importance de la nature humaine. 

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    Des problématiques très larges, un peu glauques, mais qui restent complexes à traiter.

    En effet, comment traiter la métaphysique sans être totalement incompréhensibles, et comment la traiter sans être complétement spitiueux? 

    La réponse, c’est True Detective. On peut parler d’un sujet complexe comme la transcendance et être parfaitement accessible, si si, et réussir à ne pas se faire passer pour un accro à l’eau bénite.

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    UNE SERIE QUI COMMENCE COMME N’IMPORTE QUELLE SERIE POLICIERE AMERICAINE

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    Deux flics, l’un venant du texas (on fait difficilement plus couillus que l’image des texans, pourtant, Rust n’est pas vraiment un mec “couillu” au premier abord, malgré son allure de “lone wolf” qui rappelle un peu les cowboys), et l’autre, un père de famille beaucoup moins intelligent, beaucoup moins pessimiste (mais c’est pas dur dans les deux cas, Rust est extremement intelligent et vraiment un pur pessimiste).

    Comme tous les gens un peu trop intelligent dans les séries (regardez l’héroine de Homeland) il a aussi des gros soucis pour DORMIR, ou ne serai-ce que VIVRE normalement (ça rappelle un peu aussi l’héroine de The Bridge -US-, The Tunnel pour le remake français/anglais, j’ai pas vu la version suédoise…). Bref, Rust est un homme un peu cassé, et surtout vraiment blasé, qui a des idées noires et qui n’est vraiment pas de bonne compagnie. On a l’impression qu’il va se suicider entre nos doigts, ou nous foutre dans son abyme de déprime avec lui. Pas joyeux, même s’il a la classe. 

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    Alors, on est d’accord, Hart et Rust (Woody Harrelson and Matthew McConaughey), pourraient être les personnages de n’importe quelle série, de n’importe quelle intrigue américaine avec deux flics, mais ce n’est pas sur les personnages que le réalisateur a parié, mais bien sur le matériau même de l’intrigue, et ça fait plaisir. Attendez, je vous explique pourquoi.

    UNE SERIE QUI ZOOME SUR L’ACTION, ET DEMANDE PLUS AU SPECTATEUR 

    La plupart des séries aujourd’hui font grand cas des caractères. Avec la grande mode du syndrome d’Asperger aujourd’hui appliqué à tout le monde, c’est une myriade d’autiste que nous pouvons regarder évoluer autour de nous : entre Homeland et sa folle à lier (on a toujours de quoi faire des épisodes même quand elle est virée de la CIA, parce qu’avec sa personnalité, il y a de quoi faire), The Bridge et The Tunnel qui tapent pas mal haut dans les personnalités aussi, et puis toutes les myriades de séries ou on zoome désormais plus sur le caractère que l’intrigue en elle-même (toutes les séries avec des robots, du type Almost Humans, Real Humans, et toutes les séries policières ou d’action qui deviennent maintenant le portrait d’un flic ou du héros, Falco, Continuum, Arrow, Beauty And The Beast, j’en passe, j’en passe … - je ne vous sers pas les séries comiques parce que dans ce registre c’est plus justifié à mon goût, ni les séries thriller qui se basent forcément sur des personnalités pour faire avancer l’intrigue comme The Escape Artist, Helix, …).

    True Detective sort définitivement de ce schéma. En tout cas je le crois : 

    - le personnage de Hart n’est pas un personnage hyper intéressant dans le sens ou il reprend l’image de l’américain moyen, 

    - le personnage de Rust est plus complexe, mais finalement, c’est surtout un gros pessimiste, qui n’a jamais eu le courage de se flinguer par lui-même, comme il le confie à Hart.

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    Ce rejet de l’importance des personnages se matérialise par plusieurs choses : 

    - on ne sait pas leurs noms avant un certain moment, 

    - on ne connait pas le visage du partenaire de Hart avant un certain moment, il est de dos quand il en parle et que le réalisateur en profite pour faire un flashback (premières minutes de l’épisode 1)

    - les personnages sont vus au départ du point de vue des deux enquêteurs qui sont là en 2012, ils ont donc 17 ans de plus que le moment où l’action s’est déroulée. 

    Cette façon de projeter le passé via le futur comme un flashback minimise totalement les personnages : ils ont eu un rôle important il y a dix ans, mais maintenant ils ne font même plus ce boulot là, ils ont changé, un peu (chapeau sur le jeu d’acteur : arriver à se jouer aussi facilement plus vieux, pas évident !).

    On sait donc que ce n’est pas la place des personnages ou leurs interactions qui vont nous intéresser (bon, on est dans une série, on va forcement y toucher un peu a un moment) mais ce sont principalement les FAITS.  

    Es ce que cette phrase vous fait aussi plaisir qu’à moi? Enfin quelque chose de concret !

    Dès lors, True Detective laisse une place totale aux événements, et leur remise en question. Beaucoup plus interessant qu’un zoom bidon sur le mec qui a la goutte et son acolyte. 

    En revanche, elle demande au spectateur d’être beaucoup plus actif, puisqu’en nous minimisant l’importance des personnages et en nous impliquant directement dans l’action, nous sommes à la manière des deux détectives de 2012 des enquêteurs, nous revenons sur les faits, nous les redécouvrons, et nous menons l’enquête de nouveau. Il est donc sous-entendu que nous devons portez attention à chaque détail, chaque petite chose, à la manière de Rust avec son carnet. La seule importance qui leur est accordée finalement, c’est qu’ils savent déjà tout en 2012, et pour cela, Rust peut se permettre d’envoyer ses ex-collègues lui payer un pack de bière alors qu’il est en interrogatoire. 

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    UNE SÉRIE BIEN MONTÉE : LE BONHEUR POUR LES YEUX.

    Peu de choses, finalement dans ce permier épisode au niveau de l’intrigue, et encore moins au niveau des personnages, mais j’ai déjà évoqué les priorités de l’équipe sur cette série. 

    En revanche, True Detective nous montre quelques plans vraiment réussis, vraiment beaux, et vraiment bien faits. Chaque chose semble être une pièce de puzzle, un élément qui s’imbrique avec ce qu’ils nous racontent en 2012. J’attends la suite avec forts trépignements.

    Moi, je vous dis, cette série va nous tenir en haleine pendant un moment.

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    Une dernière hésitation?

    Regardez le trailer de la série, qui claque déjà lui aussi pas mal. Ca se passe ici

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